Un nouveau tonfa, doté d’un aileron supplémentaire à l’aplomb de la poignée, a fait son apparition dans les milieux de la sécurité. Le tonfa A.I.T.O., c’est son nom, est un bâton imaginé par Thierry DELHIEF. Il est le fruit de ses vingt années passées dans le monde de la sécurité, en tant qu’homme de terrain et formateur. D’une utilisation identique au tonfa classique, il permet, grâce à son aileron, d’élargir de façon sensible la gamme de blocages, ripostes et contraintes articulaires, tout en offrant une sécurité accrue. Autant d’avantages tactiques qui lui promettent un bel avenir opérationnel.
L’A.I.T.O. a donc été conçu pour apporter des solutions là où le tonfa peut parfois être pris en défaut. C’est notamment le cas lors des phases de blocage, spécialement face à des armes lourdes telle qu’une batte de base-ball. Dans cette situation, si le blocage avec le petit ou le grand côté du tonfa n’était pas parfaitement perpendiculaire à l’attaque, il y avait un risque que la batte ripe sur le tonfa, et vienne tout de même percuter l’agent. Ceci s’explique par le fait que pour limiter l’onde de choc du blocage et augmenter son efficacité, il est préférable de « rentrer » dans l’attaque, ce qui peut, à l’inverse provoquer ce phénomène de glissade. Grâce à son aileron, l’A.I.T.O. permet d’avoir une garde afin de préserver la main qui pourrait être en renfort sur le petit côté, lors notamment de maintien à distance face à un couteau. On peut légitimement s’interroger sur la résistance de cette saillie face à une attaque aussi puissante que celle d’une batte de base-ball. Cependant, le positionnement et la structure de l’aileron ont été spécialement conçus pour offrir une résistance et une absorption maximale, même dans le cas de chocs très violents.
En plus du gain en efficacité que nous venons de voir, l’aileron de l’A.I.T.O.  rend l’apprentissage des techniques beaucoup plus simple pour les débutants (c’était d’ailleurs bien cela la préoccupation de Thierry DELHIEF et des instructeurs de la FFBD SELF-DEFENSE au moment de penser le tonfa A.I.T.O.), car il permet de réaliser les techniques avec une prise naturelle (le tonfa tenue par la poignée). Par ailleurs, comme nous l’avons vu, la légère inclinaison de la poignée permet de respecter l’axe naturel avant-bras/poignet, renforçant ainsi les phases de percussion. Si l’on ajoute à tous les éléments que nous venons de recenser le fait que la fourche formée par l’aileron et le petit côté permet tout une gamme de points de pression bien plus douloureux qu’avec le corps lisse du tonfa et que l’A.I.T.O. autorise son porteur à effectuer en tenue conventionnelle les contraintes articulaires qui n’étaient possibles au tonfa qu’avec une tenue en fourche ou en épée, on perçoit facilement ses apports dans les interventions opérationnelles.
Les apports sécuritaires de l’A.I.T.O. additionnés à la possibilité de s’appuyer sur des bases de formation déjà acquises ont déjà séduit plusieurs services de police en Europe. En France, comme pour le tonfa, ce sont d’abord les polices municipales qui commencent à l’adopter, notamment en Polynésie, et certains services spécialisés ayant besoin de travailler au corps à corps dans des espaces restreints ont déjà fait connaître leur intérêt pour l’A.I.T.O.